Paul Gauguin, le post-impressionniste

En résumé : la vie de Paul Gauguin

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Autoportrait daté de 1875-1877

Paul Gauguin, de son nom complet Eugène-Henri-Paul Gauguin est né le 7 juin 1848 à Paris, France et mort en Polynésie française. Plus précisément, il s’est éteint le 8 mai 1903 à Atuona, Hiva Oa, dans les îles Marquises.

Il était à la fois peintre, graveur et sculpteur. Il retranscrivait dans ses œuvres une simplicité teinte d’émotions et de spiritualité. Son œuvre a été classée comme post-impressionniste, synthétiste et symboliste.

Proche ami de l’imprévisible Vincent Van Gogh, adulé et respecté de son vivant par Edgar Degas, Paul Gauguin aura influencé de nombreux développements avant-gardistes au début du 20e siècle.

Les débuts de Paul Gauguin

Contexte familial et social

Le père de Gauguin,  Clovis Louis Pierre Guillaume Gauguin, était journaliste chez le quotidien « Le National », un journal républicain. Sa mère, Aline Chazal, descend d’une lignée de nobles espagnols, propriétaires terriens établis au Pérou. La famille s’y rend après le coup d’État de Napoléon III en 1848. Le père de Gauguin avait l’ambition d’y créer un journal, mais il meurt en chemin. La mère de Gauguin s’installe avec ses enfants dans la propriété de son oncle à Lima. Elle y restera pendant quatre ans avant de ramener la famille en France.

 À 17 ans, en 1865, Gauguin s’engage dans la marine marchande. Il va ainsi naviguer autour du monde pendant six ans. Sa mère meurt deux ans après son enrôlement, en 1867.

La garde légale de la famille de Gauguin est confiée à l’homme d’affaires Gustave Arosa. Ce dernier va trouver pour Paul Gauguin un poste de courtier, une fois Gauguin libéré de ses obligations vis-à-vis de la marine marchande. Un poste pour lequel Gauguin gagnera l’équivalent de plus de 100 000€ annuels.

Gustave Arosa va même présenter à Gauguin la Danoise Mette Sophie Gad, qui deviendra son épouse en 1873.

 

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Madame Mette Gauguin dans une robe de soirée, 1884

Un éveil artistique tardif

L’éveil artistique de Gauguin commence à la même période, grâce à l’influence de deux personnes qu’il côtoie. En premier par Gustave Arosa lui-même, qui possède une collection comprenant des œuvres de Camille Corot, Eugène Delacroix et Jean-François Millet. Puis par un collègue courtier, Émile Schuffenecker, avec qui il commence à peindre.

 

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Paysage à Viroflay, 1876

En effet, Gauguin s’est mis à la peinture assez tardivement. Il commence tout juste à recevoir une instruction artistique et à fréquenter un atelier où il peut dessiner d’après modèle. Employé comme agent de change, la peinture ne sera qu’une sorte de passe-temps pour Gauguin pendant cette période et les quelques années qui suivront.

En 1876, son « Paysage à Viroflay » est accepté pour la prestigieuse exposition  artistique fondée par Mazarin au XVIIème siècle : « le Salon ». Gauguin développe durant cette période un goût certain pour le mouvement d’avant-garde contemporain de l’impressionnisme. Ainsi, entre 1876 et 1881, il rassemble une collection personnelle de tableaux de maîtres tels qu’Édouard Manet, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Claude Monet et Johan Barthold Jongkind. 

Gauguin fait la connaissance de Pissarro vers 1874. Il commence à étudier sous la direction de son aîné. Mais l’apprentissage de Gauguin est des plus laborieux. Il a en effet des difficultés à maîtriser les techniques de la peinture et du dessin. La persévérance permet à Gauguin de participer en 1880 à la cinquième édition de l’exposition impressionniste fondée 6 ans plus tôt par la « Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, etc. » Il sera de nouveau invité les deux années suivantes, soient en 1881 et 1882.

Pendant cette période, Gauguin passe son temps libre à peindre avec Pissarro et Cézanne et il commence finalement à faire des progrès visibles. Gauguin agrandit son réseau de connaissance au sein de « la Société anonyme », cercle d’artistes d’avant-garde comprenant Manet, Edgar Degas et Pierre-Auguste Renoir.

Un nouveau départ et les débuts du primitivisme

En 1882, la bourse française s’effondre et Gauguin perd son emploi. Ce qu’il accepte plutôt bien, car c’est pour lui l’occasion de « peindre tous les jours ». Simultanément, afin de subvenir aux besoins de sa famille, Gauguin cherche un emploi auprès de marchands d’art, sans succès. Il continue malgré tout à se rendre à la campagne pour peindre avec Pissarro.

En 1884, il s’installe avec sa famille à Rouen et enchaîne les petits boulots mal payés. C’est pourquoi la famille déménage au Danemark à la fin de l’année, dans l’espoir de trouver le soutien de la famille de Mette, l’épouse de Gauguin. Ces derniers accueillent toute la famille et Gauguin est libre de poursuivre son art, nourri mais sans emploi. Ce qui alimente la désapprobation de la famille de sa femme à son égard. C’est pourquoi, à la mi-1885, Paul Gauguin retourne à Paris avec son fils aîné.

Gauguin participe à la huitième et dernière exposition impressionniste en 1886. Il y présente 19 peintures et un relief en bois sculpté. Mais ses œuvres n’attirent guère l’attention. Elles sont complètement éclipsées par l’énorme tableau de Georges Seurat, de plus de 6m² (!), intitulé « Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte ». Frustré et sans ressources, Gauguin est bien obligé de travailler. Il rejoint alors  la fabrication de récipients en céramique. Puis l’été de 1886 arrive. Gauguin, en quête d’une vie plus simple et plus frugale, se rend en Bretagne, à Pont-Aven.

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Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte, 1886

 

Après un hiver rigoureux, Gauguin s’embarque en avril 1887 pour la Martinique avec le peintre Charles Laval. Ses œuvres peintes en Martinique, telles que « Végétation tropicale, Martinique » (1887) et « Au bord de la mer » (1887), révèlent qu’il s’éloigne de plus en plus de la technique impressionniste. À son retour en France, à la fin de l’année 1887, Gauguin se revendique une identité exotique et il justifie son ascendance péruvienne comme un élément de « primitivisme » dans sa propre nature et sa vision artistique.

Végétation tropicale, Martinique, 1887

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Au bord de la mer, 1887

Gauguin à la recherche de Gauguin

L’école de Pont-Aven

Au cours de l’été 1888, Gauguin retourne à Pont-Aven. Il continue sa recherche de la vérité, qu’il identifie à de « l’art cérébral pur », c’est à dire, paradoxalement, à de l’art primitif. Il y est rejoint par de jeunes peintres, dont Émile Bernard et Paul Sérusier. Ces derniers recherchent également une manière de s’exprimer de manière plus directe dans leur peinture.

La recherche de cet idéal se concrétise dans « La vision après le sermon » (1888), un tableau dans lequel il utilise de larges plans de couleur, des contours clairs et des formes simplifiées. Ce tableau représente des paysannes bretonnes devant lesquelles apparaît, à la manière d’une hallucination collective, la vision de Jacob qui lutte contre l’ange de Dieu. Une vision qui serait rendue possible suite à l’influence du sermon du dimanche sur les sentiments et les esprits de chacun, selon l’interprétation même qu’en a Vincent Van Gogh. 

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La vision après le sermon, 1888

C’est ainsi que Gauguin est devenu le mentor de nombreux artistes qui se sont réunis à Pont-Aven. Ces artistes sont constamment incités à se fier davantage au ressenti, au sentiment plutôt qu’à l’observation visuelle directe. Ce qui marque définitivement la rupture avec l’impressionnisme. En effet, Gauguin leur conseillait : « Ne copiez pas trop d’après nature. L’art est une abstraction: extraire de la nature en rêvant devant elle et se concentrer davantage sur la création que sur le résultat final. »

L’école de Pont-Aven était née. Ses membres ne cherchent plus à reproduire des scènes réelles, comme le faisait l’impressionnisme. Ils recherchent avant tout à créer chez le spectateur un panel des sentiments spécifiques à chaque œuvre qu’ils contempleront.

Un séjour à Arles et la naissance d’une amitié virile

Gauguin décide de se rendre à Arles à la fin du mois d’octobre 1888 pour rendre visite à Vincent van Gogh. Ce dernier s’y était installé au début de la même année dans l’espoir de fonder un groupe de réflexion artistique, le « Studio du Sud ». Et c’est ainsi que les deux artistes sympathisent suite à des échanges passionnés sur la finalité de l’art. 

A l’époque, le style artistique des deux peintres est de type post-impressioniste. C’est un style qui découle de l’impressionnisme, mais qui traduit une recherche individuelle et personnelle sur les techniques de peinture, depuis l’usage de la couleur jusqu’au coup de pinceau. Et les sujets eux-mêmes diffèrent de ce qui caractérise habituellement l’impressionnisme, à savoir les paysage, les loisirs d’époque et le monde industriel.

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Vincent Van Gogh peignant des tournesols, 1888

Gauguin est toujours en quête de ce primitivisme qu’il idéalise. « Les Vieilles femmes d’Arles » (1888) est parfaitement représentatif en ce sens : les sujets sont de simples paysannes, religieuses et la technique est « brute », presque simpliste.

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Les vieilles femmes d’Arles, 1888

L’amitié entre les deux artistes, tous deux fougueux et passionnés, devint naturellement tumultueuse avec le temps. Au point que Gauguin envisagea de partir d’Arles plus tôt que prévu, ce qui finit de perturber Van Gogh qui voulait à tout prix que Gauguin reste. Gauguin fut obligé de menacer Van Gogh avec un rasoir, pour se libérer de son entrave et repartir sur Paris. L’artiste hollandais se serait alors mutilé l’oreille gauche suite à cette dispute. Du moins, selon la version universellement acceptée jusque 2008. Les deux artistes ne se virent plus depuis l’incident, mais ils continuèrent de correspondre abondamment par courrier.

Dans les faits, Gauguin aurait mutilé l’oreille la plus célèbre au monde avec une épée, et non un rasoir. Les deux amis s’accordèrent sur la version de l’automutilation pour protéger Gauguin. Ces éléments ont été mis en lumière grâce aux historiens de l’art Hans Kaufmann et Rita Wildegans. Ils ont en effet examiné les (nombreuses) correspondances entre les artistes, ainsi que les archives de police d’époque pour en arriver à cette conclusion. Leur démarche est présentée dans le livre « l’Oreille de Van Gogh, Paul Gauguin et le pacte du silence », paru en 2008.

 

Un nouveau départ qui se profile

Gauguin poursuit ses recherches d’un art primitif et originel. Un art qui serait l’expression de ses sentiments et de sa spiritualité intérieure, et qui ferait ressortir de tels émotions chez son public. Et il n’est pas le seul à faire cette recherche. Les cercles littéraires parisiens, ceux d’avant-garde des poètes symbolistes, visent à faire ressortir de telles émotions dans le domaine littéraire. Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine sont parmi les plus influents.

La notoriété de Gauguin est telle que le critique Albert Aurier déclare que Gauguin est le chef de file d’un groupe d’artistes symbolistes. Il définit l’œuvre du peintre comme « un art idéiste, symboliste, synthétique, subjectif et décoratif » tout à la fois.

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Le Christ jaune, 1889

A l’époque, Gauguin franchit un nouveau palier dans sa recherche de son art épuré qui vient du cœur. Cela se traduit de deux manières : l’inclusion d’anciens monuments religieux dans ses œuvres, notamment les croix et les calvaires, que l’on retrouve en nombre dans la région de Pont-Aven où il revient. Plus précisément, dans le village du Pouldu car Gauguin avait trouvé que Pont-Aven était trop corrompue par les touristes. Cette influence se voit dans son tableau, « Le Christ jaune » (1889). 

La seconde expression de cette recherche de l’époque se traduit par le rejet de la perspective comme enseignée depuis la Renaissance dans l’art occidental. Et plus généralement, par le rejet de la civilisation occidentale contemporaine, qu’il considère corrompue. Ce qui se traduit dans son relief en bois sculpté et peint : « Soyez amoureuses et vous serez heureuses » (1889). La femme en haut à gauche de l’œuvre est accroupie, comme pour cacher son corps. Elle est censée représenter Paris, que Gauguin compare à une Babylone pourrie, et dont l’industrialisation est source de précarité et de misère sociale et morale… qu’il a lui-même traversées !

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Paul_Gauguin_Soyez_amoureuses_et_vous_serez_heureuses

Soyez amoureuses et vous serez heureuses, 1889

Et c’est ainsi que l’idée, le besoin voire la nécessité de s’éloigner de la France se concrétisent dans l’esprit de Gauguin. Après avoir considéré la possibilité de partir au Vietnam ou à Madagascar, le peintre décide finalement de se rendre en Polynésie française, à Tahiti.

 

Gauguin devient Gauguin

Un premier séjour à Tahiti, un ultime passage sur Paris

Paul Gauguin connaissait Tahiti uniquement de manière indirecte, grâce aux écrits et aux récits de ses contemporains. « Le mariage de Loti », roman paru en 1880, a été écrit par un officier de marine, Pierre Loti. Ce dernier y raconte son voyage en Polynésie, entrepris 8 ans plus tôt, en 1872. Ce récit entretint l’image romantique que se faisait Gauguin de l’archipel : celle d’un paradis intact.

Fraîchement débarqué à Tahiti en 1891, Gauguin va déchanter assez vite en regard de l’influence qu’aura eue la colonisation française sur place. Une influence qu’il considère corruptive pour l’archipel. L’artiste va donc s’immerger autant que possible dans ce qu’il considère être la culture polynésienne authentique.

Cette influence se retrouve de plusieurs manières. Ce, principalement dans les sujets, les situations et les paysages dépeints dans ses tableaux, représentatifs de la culture et de la spiritualité polynésienne. Mais aussi jusque dans le nom de ses tableaux. Pour exemple, « Fatata te miti », ce qui signifie « Près de la mer », aurait été peint en 1892. Ce tableau représente deux tahitiennes en train de se baigner et un pécheur en arrière-plan, et rappelle l’image romantique que Pierre Loti a des polynésiens.

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Fatata te miti / Près de la mer, 1892

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Manao tupapau / L’esprit du mort qui veille, 1892

Plus proche de ses recherches initiées en France, le tableau « Manao tupapau » ou « L’esprit du mort qui veille », aurait lui aussi été peint en 1892. Il représente au premier plan sa compagne polynésienne, Tehura (Téha’amana de son vrai nom). Située au premier plan, nue et allongée sur le ventre, elle contraste avec la représentation de la mort, plus floue, située au second plan : le tūpāpa’u ou revenant, fantôme.

Ce tableau représente une sorte de cycle de la vie, une rencontre entre le monde physique et le monde spirituel qui se rejoignent. Il représente aussi la volonté de Gauguin d’imiter et de retranscrire les traditions polynésiennes.

Un an plus tard, en juillet 1893, Gauguin rentre en France. Il est intimement convaincu que ses travaux polynésiens lui apporteront le succès qu’il a tant convoité. Son propre engouement est tel qu’il entreprend la publication d’un livre qui retranscrit son ressenti de l’archipel. Ce livre, intitulé « Noa Noa » est illustré par ses propres gravures. Gauguin organise aussi une exposition individuelle à la galerie Paul Durand-Ruel. Cependant, ses projets ne rencontrent que peu d’enthousiasme. Paul Gauguin quitte alors la France pour la dernière fois, en juillet 1895, pour rejoindre de nouveau Tahiti.

Un homme qui s’est trouvé et qui s’est éteint

Le primitivisme de Gauguin se traduisait, surtout au début de ses recherches, par le rejet absolu de toute forme de perspective dans ses tableaux. Ce qui avait pour résultat d’aplatir de manière excessive, si ce n’est forcée, ses sujets. Autant dire que le résultat n’était pas forcément apprécié, ni accepté de tous.

Mais suite aux influences combinées d’Ingres et de Puvis de Chavanne, le style de Gauguin évolua pour le meilleur et connu un tournant décisif après les années 1890. Partant d’un style sobre, linéaire et quelque peu aplati, Gauguin finit par créer des oeuvres, des sujets aux formes plus arrondies, plus poétiques et avec des tonalités de couleur harmonieuses.

Le point culminant de son parcours se retrouve dans le tableau « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » (1897). L’artiste y dépeint de façon poétique, onirique et tout à la fois réaliste le cycle de la vie et de la mort sous les traits d’une femme qui traverse les différents âges de la vie.

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D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 1897

Simultanément, l’influence coloniale occidentale devient de plus en plus importante sur Tahiti. Paul Gauguin, toujours aussi dégoûté par ce que représente la société française moderne décide de s’éloigner de nouveau. Il finit par s’installer en septembre 1901 sur la distante île de Hiva Oa aux Marquises. Il y achète un terrain et y construit une maison, qui sera sa dernière demeure : « la maison du jouir ». Chose assez commune dans de telles sociétés, ses voisins l’assistent dans la construction de cette maison conçue comme une œuvre d’art grandeur nature, probablement d’inspiration maorie.

En 1902, Gauguin est atteint de syphilis, qui s’ajoute à l’eczema purulent qu’est devenu sa jambe blessée lors d’une altercation à Concarneau en 1894. Sa mobilité réduite, il en profite pour écrire ses mémoire, intitulées « Avant-après », et qui seront publiées à titre posthume (1923). Paul Gauguin s’éteint l’année suivante, en 1903, seul dans sa « maison du jouir ». Paul Gauguin est enterré sur place, dans le cimetière d’Atuona. Le grand Jacques Brel viendra l’y rejoindre près de 75 ans plus tard…

Peu avant sa mort, Paul Gauguin vivait avec peu de moyens. Il recevait près de 300 francs de rente mensuelle de la part du marchand d’art Ambroise Vollard, en plus des fournitures de peinture gratuites. Ce, à la condition que Gauguin lui fournisse 25 tableaux par an vendus 200 francs l’unité. A sa mort, les toiles de Gauguin se vendent pour une bouchée de pain et ses sculptures sont détruites.

En 2015, « Nafea faa ipoipo » peint en 1892, aussi appelé « Quand te maries-tu? », a été pour un temps le tableau le plus cher de toute l’Histoire. Il a été cédé pour 300 millions de dollars  lors d’une vente privée par la famille Staechelin à un Quatari.

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Nafea faa ipoipo / Quand te maries-tu ? 1892

Conclusion : L’héritage de Paul Gauguin

Gauguin a su marquer son époque et son héritage reste encore aujourd’hui très apprécié.

Le synthétisme se caractérise par des motifs colorés et plats à deux dimensions, cernés par des lignes souvent de couleur noire.  Ces dispositions graphiques visent à synthétiser simultanément la forme et l’idée d’un sujet tout en y incluant les sentiments propres de l’artiste. Ce qui se traduit par une représentation plus conceptuelle que réaliste ou empirique du monde. Et ces vues de l’esprit sont auréolées de spiritualité et d’existentialisme dans l’œuvre de Gauguin. Une œuvre qui aura contribué à ouvrir la voie de l’Art du début du XXème siècle.

Courant 1890, plusieurs des disciples de l’école de Pont-Aven ont formé le groupe post-impressionniste d’avant-garde des Nabis.

Le synthétisme contribuera au développement du post-impressionnisme, mais aussi du fauvisme et du symbolisme. Le peintre norvégien Edvard Munch s’est particulièrement inspiré du style linaire de Gauguin, et fauvistes, avec Henri Matisse en tête, reprennent l’utilisation des couleurs du synthétisme dans leurs propres compositions très caractéristiques.

En Allemagne, l’influence de Gauguin se retrouve dans les créations des expressionnistes, tels qu’Ernst Ludwig Kirchner.

Et enfin, le primitivisme de Gauguin aura une influence sur l’immense Picasso lui-même. Plus particulièrement l’iconographie océanienne et son style épuré, qui inspireront au Maître Picasso son appréciation de l’art africain… qui lui même influencera l’évolution du cubisme. 

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Picasso : Autoportrait à la palette, 1906 | Gauguin : Autoportrait, 1893

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